Le travail de l’artiste interroge la notion de faille. Ce qu’elle nomme faille mais qui est en fait le dérèglement, l’imperfection. Son impact physique magnifié. Le dessin a émergé, il y a un peu moins d’un an, du travail de peinture. Est née à cette période une envie d’approfondir minutieusement son propos par cette technique. Elle aborde des thèmes tels que l’individualité, l’altération, la déformation, la mutation. Comment le psychique, soumis au traumatisme, à « l’implosion », peut altérer ou déformer un être ou un corps ?

Comment le côté « invisible », « silencieux », des choses ou des individus affectent soudainement ou progressivement leurs corps : le dysfonctionnement. Ce qui déborde, ce qui (ne) se contient (plus), ce qui est sous tension et qui est à la limite. Ce que l’on croit pouvoir maîtriser.

Charlotte voit ainsi son travail comme une MONSTRation de ce qui est hors norme, hors du commun. Non pas pour déranger mais questionner la limite perfection/imperfection. Elle s’inspire pour partie d’une iconographie souvent médicale ou scientifique (cas cliniques de mutation, de déformation, de mutilation…). Les textes et images qui l’intéressent proviennent d’artistes d’influence surréaliste, des romans noirs américains ainsi que sur la mythologie, les légendes et les histoires.

Un texte de Stéphane Le Carre – Février 2012