Toiles percées, transpercée de coutures mécaniques, une toile qui se contourne comme un objet, sculpturale.

Ce travail est une série de toiles sur châssis de multiples dimensions. L’artiste a fait le choix de la monochromie, le noir ou le blanc, choix capital simplifiant la lecture du propos et invitant à se concentrer sur la matière.

Au sein de cette série, la toile est toujours en tension. C’est une toile percée, transpercée de coutures mécaniques, une toile qui se contourne comme un objet.

L’artiste laisse voir le hors champ de la toile, en projetant le spectateur dans l’acte de création, dans l’étouffement et le relâchement de la matière.

Certaines lignes qui se dessinent avec le fil témoignent de l’intensité d’une activité et d’une énergie, d’une succession d’événements. Ces lignes reprennent toutes les caractéristiques graphiques des enregistrements comme les électrocardiogrammes ou les sismogrammes.

Des bandeaux de toiles aux nombreux raccords ouvrent la surface picturale vers un espace sculptural.

Une toile indissociable du temps soumise aux changements : les forces exercées sur les matériaux contraignent l’objet, le déforment. Il ne s’agit pas de tensions violentes mais d’un ajustement lent des matériaux entre eux, le fil et la toile vont s’accorder, les uns vont se détendre laissant respirer les autres, assouplissant, créant un mouvement au sein de la toile, une activité interne à la pièce. La toile va « vieillir » comme le vivant. Inévitablement, la fibre va fléchir sous le poids des forces, elle devient faillible.

Crédit texte / Eléa Baux
Crédit photographique / Yann Rivera