Les couleurs vibrent de manières différentes lorsqu’elles se fondent ou s’entrechoquent. C’est un travail au sol sur de grandes toiles empreint de sensualité. Les grandes toiles abstraites sont les premiers travaux sur toile et sur papier épais que Charlotte réalise au sortir de l’école.

Des couches de peinture successives comme les strates de la croûte terrestre. Le temps est décanté, rendu visible par les recouvrements et les fractures de la peinture, les traces d’effacement de retrait de la matière.

Souvent des contrastes forts, presque violents.

On est perdu entre disparition et apparition des couches de peintures, ce qui vient en avant et en arrière. Ce qui se laisse voir à l’arrière-plan a nécessairement été peint avant mais découvert après. Le temps et l’espace sont décousus, mélangés, fragmentés. Charlotte crée des passages à l’intérieur des toiles et laisse entrevoir le temps de la création.

Les couleurs vibrent de manières différentes lorsqu’elles se fondent ou s’entrechoquent.

C’est un travail au sol sur de grandes toiles empreint de sensualité.

Le corps créateur et la matière ne font qu’un. Charlotte baigne dans l’eau qu’elle vide sur les toiles. Elle épuise son support jusqu’à le détremper et ne plus pouvoir rien faire, puis elle le laisse sécher et revient dessus… Sans cesse. Dans l’acte de création, il s’agit presque d’un combat avec la matière.

Sur certaines de ses toiles, on voit les murs des cavernes préhistoriques, sur d’autres l’érosion de la roche, ou encore l’ouverture vers un monde inconnu. La notion de passage est récurrente. La transformation est au cœur de ce travail pictural. »

Crédit texte / Eléa Baux
Crédit photographique / Charlotte Payen